Dimanche dernier, le parti d'extrême droite était arrivé largement en tête du premier tour avec 39,34% des voix, devançant de près de 20 points la liste de Daniel Duquenne (20,19%).
Steve Briois a annoncé dimanche soir son intention de saisir lundi le tribunal administratif pour demander l'annulation du scrutin. "Cette élection (...) a été acquise par la malhonnêteté", a considéré le candidat frontiste. D'après lui, Daniel Duquenne a affirmé dans divers médias et documents électoraux que la ville perdrait ses subventions de l'Etat, de la région et du département si le FN l'emportait. "Il a répété ça en boucle et il a fait peur aux gens", a accusé M. Briois.
Dans cette ville du bassin minier de 26.000 habitants, la municipale était organisée après la mise en examen et l'incarcération début avril du maire socialiste Gérard Dalongeville, soupçonné de détournement de fonds, faux en écriture et favoritisme. Il a été depuis exclu du PS.
Steeve Briois a surfé sur cette situation particulière en se présentant en "enfant du pays contre la mafia".
Après le score du FN au premier tour, Daniel Duquenne avait appelé à un "réflexe républicain", notamment parmi les 40% d'électeurs qui s'étaient abstenus. Tous les états-majors politiques, du PCF à l'UMP, lui avaient apporté leur soutien dans l'espoir d'empêcher une victoire du FN.
"C'est la démocratie qui a triomphé", a estimé dimanche soir le conseiller spécial du président de la République Nicolas Sarkozy Henri Guaino sur BFM-TV.
Se félicitant de la victoire de Daniel Duquenne, la première secrétaire du PS Martine Aubry a dit entendre "l'exaspération et la colère qui se sont exprimées lors de cette élection". "Nous devons tout faire pour réunir à nouveau les forces de progrès et accompagner une politique qui redonnera sa fierté à Hénin-Beaumont", a noté la maire de Lille.
Rappelant avoir recueilli près de 48% des suffrages, Steve Briois a déclaré: "Au fond, je crois que nous sommes les vainqueurs ce soir".
Marine Le Pen estime pour sa part que "c'est encore une fois peut-être un nouveau Front national qui naît ce soir, celui de demain". AP